Fermeture de la décharge d’Entressen

Peinture sur merde égale propreté

Voila à quoi on peut s’attendre suite aux décisions plus qu’ hâtives de fermer la décharge.

Depuis 1912, année de sa mise en service, ce sont des dizaines de millions de tonnes de déchets qui ont été enfouis sur ce site, polluant des centaines d’hectares alentours tant en surface qu’en sous sol.

En juillet 2002, la décharge aurait dû être arrêtée, ce qui n’a pas été le cas faute de solution de remplacement. Un premier sursis a alors été donné, par le Préfet, jusqu’en 2006, sursis qui a ensuite été une nouvelle fois prolongé jusqu’à aujourd’hui.

Aujourd’hui l’utopie est de rigueur, on parle de réutilisation du site grâce à une ferme photovoltaïque pour produire de l’électricité, une réserve de chasse, un golf, un terrain de motocross, pourquoi pas un hôpital pour les habitants de la région afin de les soigner des cancers provoqués par la pollution et en particulier des dioxines si prisées par les incinérateurs.

Cette façon de faire résume bien le désir de l’administration d’avancer en marche forcée pour vite de cacher cette montagne gênante de saloperies marseillaises sans se préoccuper du problème majeur de la nappe phréatique.

En 2000, les travaux de réhabilitation ont déjà permis de neutraliser l’essentiel de la décharge, les marseillais ont du pour cela débourser prés de 70 millions d’euros d’investissement pour moderniser le site et le mettre aux normes européennes. Un hangars construit en 2007 pour accueillir les déchets a l’abri du vent, les mètres en balles avec une presse sous film plastique évitant l’envol pour être déposé dans les cassiers aux normes européennes étanche pour récupérer les lixivias et surtout sans envol comme nous montrent les média d’aujourd’hui.

ET, c’est curieusement ou la décharge n’a jamais aussi bien fonctionné que l’on précipite sa fermeture.

De ce fait nous rejoignons l’idée de Christian Raynaud et d’autres associations écologiques :

Qu’il ne fallait surtout pas la fermer mais plutôt continuer à l’exploiter en la réhabilitant totalement par la création de nouveaux casiers en son sein dans un programme à moyen terme nous permettant de la « retourner » complètement par une exploitation raisonnée qui consisterait aussi à retraiter dans la durée les 80 hectares souillés qui continuent encore à percoler dans la nappe phréatique.

Un autre point reste inquiétant, nous avons souvent rappelé que l’incinérateur ne résout pas la totalité de l’élimination des ordures comme souvent l’ont laissé croire volontairement les dirigeants de la CUM ou l’administration et certain médias. Or si essentiellement les fumées posent problèmes, une partie des ordures qui allait à Entressen sera provisoirement traitée « par enfouissement » dans les décharges de La Fare-les-Oliviers, Gardanne, la Ciotat, sans compter les 40.000 tonnes/an de gravats qui servaient de couverture journalière.

De plus, 15.000 t/an de cendres très toxiques sortant de l’incinérateur devront être envoyées à grand frais dans la décharge spécifique de Bellegarde (Gard) et 70.000 t/an de mâchefers toxiques devront être déposés dans une décharge autorisée.

Au final, l’incinérateur de Fos n’aura rien résolu, si ce n’est de polluer un peu plus une région, d’augmenter un nouveau trafic de matières dangereuses sur un réseau déjà saturé et de déporter le problème ailleurs qu’a Marseille, mais pour cela, le maire de Marseille et son adjoint Robert Assante en ont l’expérience, ils sont experts en la matière et peuvent être fier de leur réalisation.

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