Article sur site Mairie de Fos

Le commissaire enquêteur accepte toutes les demandes de l’exploitant contre l’avis de toute une population

Scandaleux ! D’un trait de plume, le commissaire enquêteur a balayé tous les arguments exprimés à l’occasion de l’enquête publique et est passé outre l’opposition catégorique de toute une population : à l’augmentation de 50 000 tonnes de déchets marseillais incinérés sur le territoire de la commune réclamée par l’exploitant – l’équivalent d’une nouvelle usine ! -, ainsi qu’aux 10 000 tonnes supplémentaires de déchets médicaux (Dasri, Déchets d’activités de soins à risques infectieux), il a rendu un « avis favorable ».

Lors de la réunion publique du 28 novembre dernier, qui avait réuni 400 personnes à la Maison de la mer, aux côtés du maire de Fos-sur-Mer, pour soutenir la révolte contre l’incinérateur, étaient présents les maires Yves Vidal (Grans), Jean-Marc Charrier (Port-Saint-Louis-du-Rhône), Patricia Fernandez-Pédinielli (Port-de-Bouc) et Gaby Charroux (Martigues), également président de la Capm, son homologue Bernard Granié représentant pour sa part Ouest Provence. Cinq maires et deux présidents d’intercommunalités, tous d’accord avec leur population pour refuser le projet de l’exploitant Everé. Et que lit-on dans les conclusions du commissaire enquêteur ? Mais à quoi bon s’exprimer librement si aucun compte n’est tenu de l’avis de la population ?  Ah bon ? Quelles garanties ? « L’Etat se contente d’analyser l’usine Everé mais la pollution doit être mesurée globalement, en cumulant l’impact de toutes les industries du secteur », proteste le maire de Fos-sur-Mer.

Pourtant, même si tout paraissait joué d’avance, l’édile avait souhaité jouer le jeu : « C’est ainsi une nouvelle occasion de faire entendre notre voix sur cette installation et son évolution et de confirmer notre position commune contre cette usine qui nous a été imposée sans autre choix par une intercommunalité voisine, écrivait-il à ses administrés quelques jours avant la réunion publique. J’en appelle donc à tous ceux qui, tout au long de ces dernières années, ont su se mobiliser à nos côtés, à venir débattre sur le dossier et à rester plus que jamais solidaires et déterminés pour faire valoir la démocratie, la santé et le respect de l’environnement. » Mais tout cela n’a pas pesé lourd face aux intérêts financiers en jeu. Pourtant, l’augmentation pour laquelle le commissaire enquêteur a donné un « avis favorable » bafoue à la fois les promesses de la Communauté urbaine de Marseille – elle avait fixé un plafond de 250 000 tonnes -, et viole la législation : « On nous annonce 360 000 tonnes incinérées sur 430 000 tonnes produites : c’est en contradiction complète avec la loi qui impose de revaloriser 50% des déchets », proteste le maire. Durant la réunion publique, il avait lancé au commissaire enquêteur : « Tout le monde dit que les jeux sont faits, mais moi je veux croire en votre bonne foi, que vous entendrez nos arguments et donnerez un avis défavorable ». Peine perdue, hélas.

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