LETTRE OUVERTE A MICHEL CADOT PREFET DES BOUCHES DU RHONE

Fos, le 5 février 2015

 

Lettre ouverte à Michel CADOT

Préfet des Bouches du Rhône

Incinérateur de Marseille à Fos, l’impunité en route !

Mr Le préfet de Région,

Vos prédécesseurs avaient été clairs lors des débats entourant le projet d’incinérateur de la CUM à Fos-sur-Mer : il ne fallait pas d’inquiétude, ils allaient le surveiller, c’était, sûr, certain, garanti, obligatoire… Les services de l’Etat, les instances préfectorales, les officines du Ministère de l’Environnement, tous, la main sur la République avaient juré, promis, craché, que leur vigilance serait sans faille… Et c’est au nom de la confiance que nous étions censés accepter ce projet dangereux, puisque, comme ils l’affirmaient, « notre zone déjà impactée par la pollution industrielle, méritait une attention permanente ».

Quelle vigilance ? La dernière CSS a eu lieu le 31 octobre 2013 !! 2013 ? Mais que c’est-il passé depuis ? Un incendie a détruit la méthanisation, le compostage et surtout le tri, le  21 novembre 2013 ! Deux réunions du comité de surveillance ont été organisées dans la foulée, la dernière le 31 janvier 2014. On y a appris que l’incinérateur allait fonctionner en mode dégradé (c’est-à-dire moins bien…) pour une durée indéterminée et qu’il serait de fait « encore plus » surveillé. Et force est de constater que quand les services de l’Etat s’engagent, ils le font avec dynamisme. Lorsqu’une structure scientifique de notre territoire (l’Institut Ecocitoyen pour la Connaissance des Pollutions) a proposé en partenariat avec l’Université de Marseille de mettre en place un dispositif de suivi adapté aux nouvelles émissions et au mode dégradé, cette proposition est restée lettre morte. Les services de l’Etat n’estimant certainement pas nécessaire de venir perturber leur mission de surveillance.

Quelle surveillance ? Et bien, celle qui a permis qu’entre le 31 janvier 2014 et le 10 avril prochain il n’y est eu AUCUNE réunion du comité de sécurité !

Aucune ! Rien ! Force est de constater que nous avions bien raison d’être inquiets. Et nous étions inquiets en pensant simplement à une surveillance dans des conditions de fonctionnement normales. Jamais nous n’aurions pensé que l’Etat pourrait autoriser l’engin à fonctionner à moitié détruit, et encore moins que malgré cette mise en danger avérée, cet Etat (qui nous avait enjoints à lui faire confiance) manquerait à ses engagements avec nous pendant 15 mois !

Monsieur le Préfet, à travers ce courrier, nous vous invitons à vous rappeler qu’un incinérateur brûlant 400 000 tonnes d’ordures ménagères a été construit contre l’avis des habitants à Fos-sur-Mer. Que pour nous l’imposer, la Préfecture de Région avait « généreusement » consenti à lui adosser un système de surveillance basé sur la transparence et la régularité, que les services préfectoraux s’étaient portés garants de cette mission. Voilà un an et demi que vos services manquent à leurs engagements ! Un an et demi, ce n’est pas une « bourde », c’est un scandale. D’autant que l’on aurait pu croire que le fonctionnement en mode dégradé, autorisé par vos soins, aurait entrainé, du point de vue de la simple honnêteté intellectuelle, un souci certains de la santé des Fosséens et des habitants du Golfe de Fos. Nous sommes décidément des citoyens de seconde zone et nous nous interrogeons grandement sur la réalité de l’égalité républicaine.

Le 10 avril prochain aura lieu la nouvelle CSS d’Evere. Un an et demi après… L’industriel nous présentera les résultats de son « auto-surveillance » et nous ne saurons rien de plus, car depuis 15 longs mois, vous ne surveillez rien. Les membres de la CSS n’ont plus d’informations sur les conditions de cette marche forcée de l’incinérateur. Sans aucun tri, on brûle tout !

Après avoir vu, les déchets entreposés dans les rues de Marseille suite à une grève, notre questionnement reste encore plus fort. Les Particules ultrafines qu’émet le brûlage, surtout d’ordure non triées, restent sans surveillance de la part d’AIR PACA (qui surveille réglementairement les PM10 et passe donc à côté des plus petites et plus dangereuses).

Comment peut-on rester sans CSS depuis tant de mois alors que l’ancien sous préfet, Mr Simon BABRE avait demandé une CSS tous les 6 mois ? Malgré nos sollicitations par un premier mail à Monsieur le Sous-préfet datant du 29 aout 2014,  rien n’a bougé.

Notre association s’adresse à vous car nous sommes sans sous-préfet aujourd’hui et les émissions de l’incinérateur de la Communauté Urbaine de Marseille continuent à polluer les habitants de l’ouest de l’Etang de Berre.

Recevez nos salutations associatives.

Daniel Moutet, Président

P/o Conseil d’administration d’ADPLGF

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